Biographie - Blanche Selva

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Sa vie son oeuvre

Esquisse pour le portrait d'une artiste


Copyright Association Blanche Selva - juin 2006.
Copie même partielle strictement interdite

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Repères Chronologiques



1884

Naissance à Brive-la-Gaillarde (Corrèze) le 29 janvier d’un père catalan (Pyrénées Orientales) et d’une mère lorraine.

1888 - 1891

Elle commence le piano à 4 ans 1/2 avec des professeurs privés, à Brive, Marseille, Limoges, au gré des déplacements de sa famille. Elle participe à 7 ans à son premier concert à Brive lors d'une fête de Charité.

1893 - 1896

D’abord auditrice libre, puis élève en classe préparatoire du Conservatoire de Paris avec Mme Sophie Chéné, elle obtient à l'unanimité une première médaille. Elle quitte le Conservatoire en juin 1896 après une année passée dans la classe d'Alphonse Duvernoy.

1897 - 1899

Installation de la famille à Genève. Elle donne à 13 ans son premier vrai concert public à Lausanne puis au Kursaal de Montreux et commence à enseigner le piano. Ayant assisté à un concert où elle entend la symphonie Cévenole de Vincent d'Indy, elle demande à son père de lui obtenir une entrevue avec le compositeur. La famille déménage à Valence en juillet 1899. Blanche rencontre Vincent d'Indy le 6 août 1899.

1900

Vincent d'Indy organise avec elle des concerts à Valence, Toulon, Privas, Avignon,… Elle-même organise des récitals à Genève où elle joue à 16 ans Islamey de Mily Balakirev. Elle suit en même temps les cours de composition à la Schola Cantorum. Elle sera admise ultérieurement dans la classe pour hommes et travaillera l’harmonie avec Fernand de la Tombelle, le Chant grégorien avec Amédée Gastoué et le contrepoint, l’histoire de la musique, le style des œuvres avec Vincent d’Indy. Cette qualification musicale marquera fortement son interprétation et son style de composition.

Le 27 janvier 1900, premier concert à Paris à la Société Nationale de Musique avec le Quatuor Parent.

Premier séjour d’été aux Faugs, résidence d’été de Vincent d’Indy en Ardèche. Elle y viendra régulièrement jusqu'en 1914.

1901 - 1902

Elle s'installe à Paris avec ses parents, rue de Varenne, successivement aux n°13, 50 et 36 dont elle partira pour Barcelone.

Elle est nommée, en octobre 1901, professeur de piano à la Schola et débute le 29 janvier 1902, le jour de ses 18 ans. De janvier à juin, elle fait des tournées de concerts en province, le Mans, Rouen, Reims, Elbeuf, Besançon, … et en profite pour visiter des élèves privés qu’elle commence à suivre dans ces villes.

Premier concert à La Libre Esthétique (elle y jouera régulièrement jusqu'en 1914 sauf en 1912 et 1913) avec la « Sonate en mi bémol » de Paul Dukas.

A cette occasion, elle rencontre Déodat de Séverac lors de la création par Jean de Chastaing du « Chant de la Terre ». Peu après elle présentera le compositeur à la Princesse de Cystria.

Elle fait en août 1902 son premier séjour dans le palais Polignac à Venise, (elle y sera invitée en 1903, 1907, 1909,.. ). Elle viendra jouer également dans les salons de Marguerite de Saint Marceaux, de la princesse de Cystria et dans divers autres cénacles musicaux.

1903

Elle commence à recevoir rue de Varenne, ses amis compositeurs : Vincent d'Indy, René de Castéra, Déodat de Séverac, Albert Roussel, Isaac Albéniz, Paul Dukas ainsi que Pierre Lalo, Paul Poujaud. S'y joignent parfois Octave Maus, Pierre Coindreau, Pierre de Bréville, Maurice Alquier, Joseph Canteloube, Marcel Labey et Albéric Magnard. Ces réunions seront régulières jusqu'en décembre 1910.

Début de sa collaboration avec l’Edition mutuelle. Elle fait partie du comité de sélection des œuvres. C'est ainsi qu'elle participera à l'édition des cahiers d'Iberia au fur et à mesure de leur composition par Albéniz.

1904

Intégrale de l’œuvre pour clavier de J. S. Bach en 17 concerts dont pour la première fois en France Aria con 30 Variationi (Variations Goldberg).

Elle donnera toujours beaucoup de place à Bach, notamment en participant aux concerts de la Société Bach, avec des oeuvres pour clavier seul ou des concertos.

Elle interprète souvent « Prélude Choral et Fugue », « Prélude, Aria et Final », les « Variations symphoniques », les « Djinns », la Sonate pour piano et violon de César Franck dont elle se fait une spécialité. Elle aura aussi une prédilection pour la « Symphonie sur un chant montagnard » de Vincent d’Indy dont elle interprétera à maintes occasions les principales œuvres pour piano.

Premier séjour dans la propriété de la famille Castéra, à Angoumé dans les Landes. Ces séjours, où elle rencontrait parfois Déodat de Séverac seront réguliers jusqu'en 1918. Elle aura des relations d'amitié durables avec René et Claire, Carlos et Madame d’Avezac de Castera.

1905-1906

Elle commence à composer des mélodies sur des poèmes de Francis Jammes et d’Adrien Mithouard et participe à l’album pour petits et grands de l’Edition Mutuelle.
Donne avec Ricardo Viñès un concert de musique catalane à la Schola où elle joue Chant d'Espagne et La Vega d'Isaac Albéniz. Une tournée aux USA, à l'invitation de Steinway, ne se réalise pas pour des raisons d'organisation. Vincent d’Indy part seul.

Elle joue et crée les œuvres de ses amis de la Schola, mais elle ouvre aussi ses programmes à Debussy et Ravel

De 1906 à 1909, ce sera la création successive des quatre cahiers d’Ibéria d’Albéniz qu’elle mettra plus tard régulièrement dans ses programmes.

Son père meurt en décembre 1905. Ce dernier l'avait écartée jusque-là de toute formation et pratique religieuse, Blanche s'engage alors dans une voie où elle témoignera d’une foi profonde, quasi mystique à la fin de sa vie.

1907-1908

Transcription pour deux pianos de « Souvenir » de Vincent d'Indy qu’elle donne à La Libre Esthétique le.

Elle entreprend à Lyon une série de « Cours d'Histoire de la Musique et de l'Interprétation » qui dureront 4 ans.

Tournée à Londres en novembre (Steinway Hall). Au programme, Bach, Beethoven, Schumann, les compositeurs contemporains dont Albéniz.

Vincent d'Indy lui dédie sa sonate en mi op. 6 qu’elle crée le 25 janvier 1908. Elle la jouera régulièrement et sera pratiquement la seule à le faire pendant une vingtaine d’années.

Tournée en février-mars à Moscou et St Petersbourg avec Vincent d'Indy, René et Carlos de Castéra. Elle donne au passage un concert à Berlin. Ce sera une de ses rares apparitions en Allemagne.

Elle fait plusieurs séries de conférences sur la Sonate et sur la fugue.

Vincent d'Indy lui donne son aval pour jouer enfin publiquement Beethoven.

1909

Elle commence un important travail de révision, annotations, doigtés de près de deux cents partitions. Ce travail durera plus de dix ans. Ces révisions paraîtront dans les Maîtres Classiques de la Musique (Roudanez), à L’Edition Nationale de Musique Classique (Maurice Sénart), à la Nouvelle Edition Française de Musique Classique (Sénart, Roudanez), enfin chez Salabert.

Elle commence à jouer les romantiques : Chopin, Weber. Deuxième tournée à Londres.

1910

Donne en janvier son cinq centième concert et commence la mise au point de ses découvertes sur l'interprétation et la technique pianistique désignées sous le terme de « Néo-piano ».

Lors d’un voyage à Rome avec Vincent d’Indy, elle retrouve Maurice Denis qu’elle connaît depuis 1903. Elle a avec le peintre, dont elle possède une oeuvre, de nombreux échanges sur l’art.

Première causerie sur « l'Interprétation musicale et technique du piano » à St Jean de Luz. Elle sera suivie d’autres conférences, notamment à Cherbourg. Par la suite elle prendra l’habitude de faire des introductions commentées lors de nombreux concerts.

1911-1912

Albert Roussel lui dédie sa « Suite en Fa dièse op. 14 pour piano » qu'elle crée à la salle Pleyel.

Elle croise Albert Schweizer et Joan Massiá au cours d’un récital du festival Bach au Palao de la Muscica Catalana à Barcelone.

Elle renforce les liens qu’elle a peu à peu noués avec Georges Martin-Witkowski à Lyon. Elle vient souvent donner des récitals et des concerts dans cette ville où elle assure des cours réguliers. Elle est souvent reçue à Paladru, séjour familial des Witkowski. Suzanne Witkowska et Jean Witkowski seront ses élèves.

Maurice Denis peint des décors au théâtre des Champs Elysées. Elle y figure dans le médaillon intitulé « la Sonate » en compagnie de René de Castéra son tourneur de pages, Claire de Castera, Paul Poujaud.

1913

Publication de « La Sonate » dont le texte sera adapté en 1914 à un lectorat moins spécialisé sous le titre « Quelques mots sur la Sonate ».

Elle commence à rassembler les matériaux pour préparer la rédaction de son traité sur l’enseignement musical du piano. Ce sera son principal travail, avec l’élaboration des cours Blanche Selva, pendant les années de guerre.

1914-1916

Nombreux concerts de charité. Albert Roussel, qui s’est engagé, critique la manière quelque peu distante avec laquelle elle parle de la guerre et leurs relations se relâchent. Elles se rétabliront après la guerre.

Parution du Tome 1 de l'Enseignement Musical de la Technique du Piano.

Début d’une correspondance suivie avec Auguste Sérieyx.

Elle noue aussi des liens amicaux avec le compositeur Adolphe Piriou et avec sa femme Cécile Piriou-Kunc qui travaille avec elle sur la mise au point de son enseignement et est chargée de terminer son œuvre dans le cas où elle en serait empêchée. Avec sa sœur Catherine Kunc, Cécile Piriou-kunc est chargée de diffuser sa méthode dans le réseau d'élèves et de professeurs que Blanche Selva constituera en France de 1918 à 1928. (Elle aura plus de 2000 élèves et de nombreux professeurs formés selon sa méthode sur tout le territoire français et à l'étranger). Cécile Piriou-Kunc enseignera selon sa méthode à Paris jusque dans les années 45/50.

1917-1918

Jean Roger-Ducasse lui dédie « Rythmes ».

Concert donné au bénéfice des prisonniers de guerre internés en Suisse (OSIA). Elle travaille activement à l’organisation des « Cours Blanche Selva » (règlements, programmes, contenu, .…).

Séjour de 2 mois à Los Masos dans sa famille catalane, y rencontre souvent Déodat de Sévérac, tous deux deviennent les premiers membres de la société des amis du grégorien fondée par le chanoine Marty.

Elle envisage de quitter la Schola.

1919

Edition du Tome 2 de l'Enseignement Musical de la technique du Piano. Elle déplore la résistance des élèves et des professeurs à ses principes d’enseignement et aux particularités de sa méthode. Une première tentative de démission de la Schola n’a finalement pas de suite. Elle obtient cependant une totale liberté de présence pour ses cours et la direction sur tous les autres cours de piano se réclamant de son enseignement
.
Elle rencontre Vaclav Stepan et la musique tchèque et commence à en faire une active promotion.

Entre autres concerts de bienfaisance, elle donne le 21 juin 1919 le concerto pour quatre claviers de J. S. Bach avec Alfred Cortot, Ricardo Viñes et Edouard Risler.

Guy Ropartz la nomme en juin professeur de piano au Conservatoire de Strasbourg.

Après l'organisation de la rentrée scolaire de ses cours à la Schola, elle fait sa première tournée en Tchécoslovaquie. Elle y est reçue avec tous les honneurs.


Participe à l'Ecole Normale de Musique qui vient d'ouvrir et que dirige Alfred Cortot avec en octobre un premier cours d'interprétation. Elle fait encore, notamment en 1921, des séries de cours sur l’interprétation de compositeurs contemporains et notamment sur Déodat de Séverac.

1920

Plusieurs séjours en Tchécoslovaquie, parcourt la Bohème et la Moravie où elle joue beaucoup de musique française.

Vincent d’Indy accepte en grande partie les réformes qu’elle propose dans l’organisation de ses cours de piano à la Schola.

1921 - 1922

Création de « Mon Lac » de Georges Martin-Witkowski avec l'orchestre de Lyon.

Henri Rabaud la nomme membre du jury au Conservatoire de Paris aux Concours du prix d'honneur.

Elle aménage le Mas del sol (1921 à 1924), sa propriété à Brive, pour accueillir ses Cours d'été. Ceux-ci réuniront des élèves venus principalement de France, des USA, de Tchécoslovaquie, de Hollande, de Suisse, …, pour des classes de piano, violon, solfège, harmonie et rythmique. Ils se terminent chaque année début septembre et dureront jusqu’en 1928. Elle y accueillera jusqu’à 60 personnes par an, réservant ces cours à des professeurs de piano et à des élèves confirmés. Adolphe Piriou, Joan Massiá, Andrée Vidal, Cécile Kunc, Marie-Louise Bouët l’assisteront.

Elle quitte définitivement la Schola. Cette décision sera pleinement effective en mai-juin 1922. La rupture aura mis presque 3 ans pour aboutir. Vincent d’Indy lui conseille de fonder sa propre école mais décidera peu après de maintenir sa méthode dans les cours de piano de la Schola.

Nommée le 20 octobre 1920 professeur associé à l'Ecole des Maîtres à du Conservatoire Prague, elle commence un cours sur la technique du piano et un autre sur l'interprétation.

L’écrivain Henry Béraud fait paraître chez Albin Michel « Le Martyre de l’obèse » dédié à quelques personnalités connues pour leur embonpoint, Edouard Herriot, Lucien Guitry, Georges Pioch, le Maréchal Joffre, Maurice Wlaminck et seule femme… Blanche Selva.

1923

Les cours Blanche Selva sont structurés et placés sous la responsabilité de professeurs qu’elle a formés, à Paris, Strasbourg, Chalons, Lyon, St Etienne, Marseille, Toulouse, Montpellier/Nîmes notamment. Blanche Selva leur rend régulièrement visite, secondée par Cécile Piriou-Kunc. Création de la « Chaîne Selvique », organe de liaison avec les élèves et les professeurs.

Elle fait de nombreuses tournées en France (Orléans, Rouen, Valenciennes, Luchon, Tours, Roubaix, Sélestat, Belfort, Dôle, Genève, Epinal, Dijon, Nancy, Lille, Douai, Strasbourg,…), et, en Espagne (Saragosse, Pampelune, Oviedo…).

Edition de la 1 partie du Tome 3 de l'Enseignement Musical de la technique du Piano. La 2 partie paraît l'année suivante.

4 année de Cours publics à Strasbourg : Conférences et Interprétations Bach, Rameau et Musique de Piano française moderne.

1924

Rencontre le violoniste catalan Joan Massiá qui aura une influence décisive sur sa vie. Elle forme dorénavant avec lui un duo et donne des concerts à Barcelone, St Jean de Luz, Paris, Moulins, Lyon, Genève, Rouen, Nancy, Strasbourg, Morvillars.

Elle crée l' « Escola Blanca Selva » à Barcelone.

Résiliation anticipée de son contrat de professeur associé à l'Ecole des Maîtres la liant avec le Conservatoire de Prague.

Elle s'installe à Barcelone à partir d’octobre et y fixe définitivement sa résidence, Calle Elisa, Elle continuera de donner des concerts en France, en Suisse, en Belgique, jusqu'en 1930, seule ou en duo avec Joan Massiá.

1925

Série de concerts avec Joan Massiá à Madrid, Montpellier, Nîmes, Alès, Marseille, Avignon, Barcelone, Bayonne.

Avec la parution de la 2 partie du Livre préparatoire, tous les ouvrages de l'Enseignement musical de la Technique du Piano sont maintenant disponibles, réunissant au total 7 tomes sur plus de 1000 pages. Elle travaille sur l'analyse musicale notamment au plan de l'accentuation et de l'interprétation et sur d’autres ouvrages complémentaires édités par Roudanez (aujourd’hui introuvables).

Elle commence des conférences en catalan et une collaboration avec la Revista Musical Catalana où elle publie jusqu’en 1936 de nombreux articles.

Blanche Selva commence en 1925 à L'Associacio l’Obrera de Concerts, fondée par Pau Casals, un cycle consacré aux 32 Sonates pour piano de Beethoven et avec Joan Massiá aux 10 sonates pour piano et violon qui s’achevera en 1926. Elle les rejouera à plusieurs reprises en Espagne et aura le projet de les donner à Paris.

1926

Les présentations explicatives qui accompagnent ces sessions sur les Sonates de Beethoven seront publiées dans la Revista Musical Catalana en 1926 puis par Impremta Atenes A.G. Barcelona en 1927 sous le titre, « Les Sonates de Beethoven ».

Concerts avec Joan Massiá à Reus, Barcelone (avec souvent des explications préalables), Lyon, Moulins, Dunkerque, Bruxelles, Valenciennes, Paris, Nîmes, St Félix de Guixols, Olot.

Elle fait une conférence sur Beethoven : « Beethoven nostre cantor y germa ».

Elle vient à Lyon, Salle des grands concerts, pour créer « Thème Varié, Fugue et Chanson » deuxième œuvre que lui dédit Vincent d'Indy. Elle joue cette œuvre ensuite à Bruxelles le 9 février puis à Paris en mai 1927.

Elle introduit dans ses concerts des compositeurs espagnols comme Francesc Pujols, Juli Garreta, Joan Lamote de Grignon.

Elle participe à un hommage à Vincent d'Indy à la Comédie des Champs Elysées dans un concert hors série.

1927

Tournée de concerts, dont des auditions expliquées sur Bach et Mozart, avec Joan Massiá, à Barcelone, Tarragone, Manresa, Sabadell, Vich, Villafranca, Lyon, Moulins, Nancy, Strasbourg, Paris, Bruxelles, Verviers. Elle joue à Anvers.

Participation active à la commémoration de la mort de Beethoven.

Au cours d'une brève tournée à Paris, elle est avec Joan Massiá à la nouvelle Salle Pleyel (Bach, Scarlatti, Chabrier, Beethoven, Franck) pour deux concerts. De 1926 à 1930, elle joue de nombreuses fois sous la direction de Pau Casals.

Elle met fin à ses cours au Conservatoire de Strasbourg.

1928-1929

Récital à Barcelone avec Joan Massiá pour le centenaire de la mort de Schubert.

Elle signe avec Columbia un contrat prévoyant l’enregistrement de toutes les grandes sonates pour piano. Ce contrat ne pourra être exécuté. Seuls sont enregistrés une partita de J. S. Bach, une sonate de Ludwig van Beethoven, 2 œuvres de César Franck, 3 pièces de Déodat de Sévérac, Sardana de Juli Garetta, un rondo de Wolfgang Amadeus Mozart.

Un dernier cours d’été a lieu à Brives en août 1928 et elle prend la décision de vendre le Mas del Sol, ne pouvant plus en assurer les frais fixes. Elle fonde avec Joan Massiá « l’Academia de Musica de Barcelona » sur une idée de Joan Longueres. Vincent d’Indy en sera nommé Président d’Honneur en 1930.

Elle compose « Cants de Llum » pour piano et violon. La création a lieu à Barcelone le 10/04/29

1930

Sa biographie de Déodat de Séverac est publiée. Elle y travaille depuis 1927 et prévoit d’écrire une biographie plus complète en catalan. Elle pense aussi à une biographie d'Albéniz.

Commémoration avec Joan Massiá du centenaire du Romantisme à Barcelone. Elle donne une conférence : « El Romanticisme en la musica » et participe à divers concerts intitulés « Una hora de Musica », où elle joue des œuvres de Karl Maria von Weber, Félix Mendelssohn, Franz Schubert, Robert Schumann, Frédéric Chopin, Franz Liszt (près de 90 œuvres interprétées).

Après un hommage à Vincent d'Indy à l'Academia de Musica de Barcelona où elle joue en sa présence trois de ses œuvres, elle est frappée le lendemain d'une paralysie soudaine (bras gauche) ce qui l'éloignera définitivement des interprétations publiques.

1931-1935

Cure de rééducation à Barcelone et en Catalogne jusqu’en 1932.

A cette date, elle reprend son activité de pédagogue et ses cours à l' « Escola Blanca Selva ». Elle reçoit et correspond avec des élèves françaises, professeurs de piano et continue à composer et à écrire des articles pour la Revista Musicala Catalana.

Elle est lauréate d'un concours de composition à Barcelone pour dix mélodies pour piano et voix sur des poèmes catalans.

En 1934, elle patrone une école de musique pour ouvriers créée par la « Societat obrera de Concerts » en y incluant « Les Etudes musicales Blanche Selva » et à laquelle se joignent différents professeurs catalans.

1936-1937

A la suite des troubles violents provoqués par la guerre civile, elle quitte Barcelone sur les injonctions du Consulat de France, seule avec sa chienne et quelques bagages, en laissant sur place son Pleyel, sa bibliothèque, ses meubles.

Elle se replie à Moulins, accueillie par Albert Sarrazin, ancien scholiste. Elle vit grâce à quelques leçons et reçoit des visites de Guy Ropartz et Guy de Lioncourt. Elle reste en relations épistolaires avec René de Castera.

1938-1941

Elle s'installe à St Saturnin au sud de Clermont Ferrand. Elle y vit très pauvrement avec des moyens de fortune Elle commence à rédiger une sorte de testament musical « Dialogue sur la Musique avec Marie-Françoise » qui devait comporter plusieurs volumes. Seuls les premiers chapitres paraissent sous forme de feuillets imprimés diffusés par abonnement. Lors de la messe dominicale, elle tient l’harmonium de l’église romane de St Saturnin et s’occupe de la chorale.

Elle compose la musique et les paroles d’un cantique « Ô Fleur des fleurs », des petites pièces pour piano et un oratorio, « Poème de la Résurrection » sur un texte de Miquel Melendres, oblat bénédictin catalan.

1942

Correspondance régulière avec Isabelle Rivière, sœur d’Alain Fournier.

Atteinte d’un cancer, elle meurt le 3 décembre ce qui arrête son projet très avancé de rentrer à Barcelone. Un hommage lui est aussitôt rendu par voie de presse par Alfred Cortot, Gustave Samazeuilh, Guy de Lioncourt ; de nombreux journaux de province signalent sa mort. Gustave Samazeuilh lui consacre une émission de radio en janvier 1943 et les concerts Lamoureux lui rendent hommage en février 1943 à Paris. Sa méthode est toujours enseignée à l’Ecole César Franck notamment par Mmes Piedelièvre, Récappé-Fuchs, Perrin, et Renouleau, des anciennes élèves.

Cette chronologie a été établie et contrôlée par Monique Selva

 
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