Présentation de Jean Lacroix - Blanche Selva

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Critique musical et organisateur pendant une quinzaine d'années de concerts classiques, Jean Lacroix est membre de l'Union de la Presse Musicale Belge. Il a publié de nombreux textes en revues ou périodiques, notamment dans la "Revue Générale", la plus ancienne revue belge, où il est titulaire depuis 2003 de la chronique musicale. Il est par ailleurs auteur de plusieurs ouvrages (récits, pièces de théâtre) consacrés à Wagner, Schubert, Mendelssohn, Chopin, Tchaïkovski ou Rachmaninov, ainsi que d’un essai sur quarante ans d'aventures musicales en Belgique.

Jean Lacroix a bien voulu offrir à l’Association Blanche Selva une présentation globale des "Cahiers Blanche Selva"

Ces indispensables Cahiers Blanche Selva


Le colloque Blanche Selva naissance d’un piano moderne, organisé par l’Association Blanche Selva à Issy-les-Moulineaux le 18 novembre 2005, rassemblait quelques spécialistes, sous la direction scientifique de Jean-Marc Warszawski, afin de rappeler le rôle polymorphe de la concertiste, pédagogue, éditrice d’une méthode de technique pianistique, conférencière, musicographe et écrivain que fut Blanche Selva. Les actes en ont été publiés aux éditions lyonnaises Symétrie en 2010. La même année, Guy Selva, petit cousin de la virtuose et président de l’Association Blanche Selva, créée en 2000, faisait paraître un volume intitulé Une artiste incomparable Blanche Selva pianiste, pédagogue, musicienne, une biographie, très documentée et richement illustrée, accompagnée d’un CD sur lequel le talent de l’interprète s’épanouissait dans des partitions de Franck, Bach et Séverac. Dès novembre 2012, paraissait le premier Cahier Blanche Selva. Sept numéros sont parus à ce jour. Ils permettent l’approfondissement de cette artiste remarquable, dont le dévouement pour la musique fut la caractéristique de toute une existence.

Le premier Cahier, intitulé Blanche Selva actrice du renouveau de Jean-Sébastien Bach, rappelle qu’elle a fait entendre l’intégralité de l’œuvre pour clavier du Cantor en dix-sept concerts, de décembre 1903 à mai 1904, programmés chaque mardi dans la grande salle de la Schola Cantorum. Entreprise audacieuse et incroyable s’il en est, car à l’époque Bach ne figurait pas régulièrement sur les affiches. Pour les Variations Goldberg, c’était même une première en France. De plus, Blanche Selva, née en 1884, n’avait alors qu’une vingtaine d’années ! Il faudra attendre 1935 et l’intégrale Bach donnée à Berlin par Claudio Arrau pour revivre un tel exploit artistique. Dans cette brochure d’une vingtaine de pages, Guy Selva rappelle l’événement, sources à l’appui, mais aussi les qualités d’une interprétation qualifiée de nouvelle en raison de sa sonorité, de sa capacité expressive et de sa technique souple, tout comme de sa justesse et de sa profondeur. Blanche Selva devint ainsi la grande propagatrice des œuvres pour clavier de Bach, jusqu’à la première guerre mondiale, la plupart de ses prestations comprenant au moins une pièce du maître. Elle s’y consacrera encore abondamment lors des cinq dernières années de sa vie de concertiste, entre 1926 et 1930. L’interprète avait eu alors l’idée de joindre à ses concerts des explications et des présentations de programmes. Ce fut notamment le cas à Barcelone, où elle se lança en 1927 dans des prestations commentées sur Bach et sur Mozart. Blanche Selva apporta son concours, aux côtés de Lucien Capet ou Alfred Cortot, à la publication, entreprise par Vincent d’Indy, d’éditions françaises correctes des compositions de Bach. Ce travail théorique de révision d’après des documents anciens, disponibles à Berlin, bénéficia à une trentaine d’œuvres. L’importance du rôle de Blanche Selva pour le renouveau de Bach a été occulté pendant longtemps. Le Tout Bach, dictionnaire collectif publié chez Laffont/Bouquins en 2009, ne fait mention ni de Blanche Selva ni de la Schola Cantorum. Le présent cahier remet à sa juste place la praticienne et la théoricienne.

Un deuxième Cahier, dès février 2014, évoque, sous la signature de Guy Selva (auteur des Cahiers 1 à 6), le « répertoire exceptionnel » de la virtuose, depuis les XVIe et XVIIe siècles, jusqu’au premier tiers du XXe. Des tableaux établis à partir de 1100 concerts où l’on connaît le nom d’au moins un compositeur inscrit au programme sont particulièrement éloquents quant à la curiosité, l’éclectisme et le travail de cette pianiste. Plus de 140 musiciens y figurent ! Ce cahier insiste, en près de trente-cinq pages, sur l’abondance et la diversité comme sur la qualité des exécutions. Pour les anciens, peu présents en ce début de XXe siècle dans les concerts, Blanche Selva a inscrit une quarantaine de fois à ses récitals une œuvre de créateurs comme Lully, Purcell, Monteverdi, ou encore Palestrina, Frescobaldi, Lassus… Bach, Rameau et Scarlatti dominent parmi les baroques et les classiques du XVIIIe siècle, mais la pianiste n’en oublie pas pour autant Haydn, Mozart et les Italiens, Vivaldi compris. Pour le XIXe siècle, Beethoven, Schubert et Schumann sont de la partie, en toute logique. Pour le centenaire de la disparition du maître de Bonn, Blanche Selva joua quatorze sonates. De Schumann, quinze partitions retenaient son attention, de même que le Quintette op. 44 ou le Concerto. Schubert était présent par les Impromptus, les Moments musicaux, les Klavierstücke et quelques lieder. Mais les Français de la fin du siècle la mobilisaient : une vénération l’attachait à César Franck, à sa ferveur et à sa grandeur, elle appréciait le charme et l’ironie d’Emmanuel Chabrier, les trop tôt disparus Alexis de Castillon et Ernest Chausson. Elle se consacra aussi à Chopin, Liszt, Mendelssohn ou Weber, mais de façon sporadique et limitée. Parmi les contemporains qu’elle côtoyait, soixante-quatre firent leur apparition dans l’un ou l’autre de ses programmes, Français, Espagnols, Tchèques, l’un ou l’autre Belge, Suisse, Roumain… Mais un seul Russe (Rachmaninov), deux Allemands… Au premier rang des élus, on trouve Vincent d’Indy, Albéniz, Séverac, puis Fauré et Roussel. Debussy ensuite, après la première guerre, Ravel, Dukas aussi. Et d’autres comme Samazeuilh, Le Flem, Magnard, Cras, Roger-Ducasse, Migot… On note que le départ de la pianiste de la Schola Cantorum, sa découverte des Tchèques et son installation à Barcelone donnèrent à son répertoire un autre paysage. Des citations extraites de la presse de l’époque permettent de se rendre compte de la réception positive, voire élogieuse, dont ses interprétations faisaient l’objet. Blanche Selva se produisit surtout en France, en Belgique, en Tchécoslovaquie et en Espagne et effectua conjointement un travail pédagogique lors de ses prestations. On la retrouve de façon occasionnelle en Italie, en Allemagne, en Russie et en Angleterre, où elle se rendit deux fois. L’interprète-enseignante, ainsi qu’elle se désigna elle-même dans un texte autobiographique, était surtout préoccupée par la formation de son auditoire et par l’élévation de la connaissance musicale du public, s’effaçant ainsi au bénéfice des œuvres.

Dans le Cahier numéro 3 de février 2015 c’est la relation humaine et musicale entre l’interprète et le compositeur Déodat de Séverac qui est étudiée. Séverac (1872-1921) a vécu l’aventure de la Schola Cantorum, comme Blanche Selva, et fut le disciple de Vincent d’Indy et d’Albéric Magnard. Son œuvre pianistique raffinée (En Languedoc, Le chant de la terre) a été gravée sur disque, notamment par le regretté Aldo Ciccolini. La présente brochure, une cinquantaine de pages passionnantes nourries de correspondances et de références de presse, est un bel apport à la connaissance de ces deux artistes qui partageaient la même vision de la composition musicale et de son interprétation. Il faut souligner que c’est à Bruxelles que les premières de plusieurs partitions de Séverac ont été jouées par Blanche Selva, entre 1902 et 1921, certaines d’entre elles étant dédiées à Octave Maus. Ce cahier montre que la musique de Séverac s’accordait à ses idéaux artistiques. Toute une époque revit ainsi sous nos yeux.

Dans le quatrième Cahier, d’avril 2016, la pédagogue et ses élèves font l’objet d’une étude de plus de soixante pages, enrichies de quelques illustrations. On découvre ainsi que Blanche Selva, après avoir enseigné à la Schola Cantorum ou à l’Ecole Normande de Musique, créa sa propre structure, les « Cours Blanche Selva », où elle appliqua sa méthode pour apprendre le piano, saluée encore de nos jours, notamment par Diane Andersen, grande découvreuse s’il en est, avant d’aboutir à Barcelone où elle partagea son activité entre cours privés et écoles professionnelles. Dans une conférence donnée en 2013, Diane Andersen a défini les trois jeux (le jeu appuyé, le jeu éclatant, le jeu indifférent), apport spécifique de Blanche Selva, en précisant : « […] Cette méthode expose dans les moindres détails comment le corps doit se comporter pendant toute l’exécution d’une œuvre. Elle prend en compte tous les mouvements, tous les gestes, tout ce qui concourt à la production des sons pour développer l’expression, ce qui implique de savoir choisir la technique nécessaire à la parfaite interprétation de n’importe quelle œuvre musicale. […] ». Au nombre des élèves privés de Blanche Selva, figurent Henri Gagnebin, Alexandra Rosanova, Jean Witkowski ou Vaclav Stepan. Une partie du cahier propose un relevé d’élèves inscrits aux cours donnés à la Schola, dont un nombre important de femmes de diverses nationalités; c’est une précieuse source d’informations musicales, riches en précisions biographiques et en contenu artistique.

Le Cahier n° 5, paru en mars 2017, fait apparaître que la musique tchèque, aussi étonnant que cela puisse paraître de nos jours, est encore très peu connue en France au début du XXe siècle. Lorsqu’un festival est organisé à Paris après la fin de la première guerre mondiale - qui a signé l’acte de naissance de la Tchécoslovaquie -, Blanche Selva entend des interprètes issus de ce pays jouer des quatuors de Dvorak et de Smetana, mais aussi, dans des versions qui l’enchantent, des partitions de Beethoven ou de César Franck. Elle découvre dans le même temps un jeune compositeur qui est aussi critique musical et pédagogue, Vaclav Stepan, qu’elle va recevoir chez elle en 1919, et auquel elle va ouvrir des portes pour que la musique de sa région soit mieux connue et diffusée. Cet engouement pour la musique tchèque va s’amplifier. Blanche Selva va en devenir une propagatrice : elle fait venir chez elle le Quatuor tchèque, elle joue avec lui, et lorsque Stepan retourne à Prague, elle se fait envoyer des partitions typiques et des nouveautés. Dans les années qui vont suivre, elle va se produire avec des musiciens tchèques ou programmer dans ses concerts des œuvres tchèques. Elle écrit aussi des articles dans la presse musicale. Mais elle va plus loin : elle se déplace à Prague et dans d’autres cités. Elle fera quatorze séjours en Tchécoslovaquie entre 1919 et 1924, pour un total de près de quatre cents jours. Elle devient professeur au Conservatoire de la capitale et effectue des tournées de concertiste dans d’autres régions. L’accueil est chaleureux et reconnaissant. Blanche Selva va exercer ainsi une double action : familiariser artistes et auditeurs tchèques avec la musique française ou espagnole, tout en promotionnant les compositeurs locaux. Elle est une véritable ambassadrice de l’extension des échanges musicaux entre la France et la Tchécoslovaquie.

L’infatigable faculté de communication qui animait Blanche Selva se traduit aussi par les écrits qu’elle a laissés, dont une lecture attentive nourrit le sixième Cahier, paru en avril 2018. Le terme « écrits » est à prendre au sens large : il concerne ouvrages publiés, articles de presse, conférences dont les notes subsistent, explications de concerts lorsqu’elles sont publiées, ainsi que les textes inédits, manuscrits ou dactylographiés. Dans ce lot important, on épinglera la série de conférences données dans plusieurs localités françaises entre 1910 et 1913, au cours desquelles Blanche Selva développe ses idées artistiques, les moyens interprétatifs ou des aspects techniques. Elle insiste toujours sur la notion d’émotion, moteur de toute création. Ces conférences peuvent être considérées comme les bases de son enseignement : elle signale à Vincent d’Indy son intention d’écrire sur l’art et sur l’interprétation. Son ambition est de réaliser sept livres en deux triptyques, un ouvrage complémentaire servant de lien entre eux. Le premier, seul achevé et publié, L’Enseignement musical de la Technique du Piano, va l’occuper pendant dix années. Les détails de cette écriture, leur suite et les aléas qui en découlent sont présentés dans ce sixième cahier. Blanche Selva fait paraître d’autres ouvrages, sur La Sonate et sur Déodat de Séverac, notamment. Elle multiplie les articles en revues et journaux, en France et en Catalogne, et dans des publications collectives. Dans la Revista Musical Catalana, elle analyse des sonates de Beethoven (hélas publiées seulement en catalan), rares témoignages sur ces œuvres maîtresses d’un interprète qui a donné à plusieurs reprises ces 32 sonates en concert. Elle prévoit aussi des études, non réalisées, sur Vincent d’Indy ou Albéniz, des traductions en catalan ou des analyses d’œuvres musicales. A son retour d’Espagne, en 1937, elle livre des souvenirs et des méditations, projetant cette fois la réalisation de vingt-deux livres, dont un seul connaîtra une vie éditoriale, le didactique Dialogue sur la Musique avec Marie-Françoise ; elle y reprend des conseils et non des révélations techniques, répétant ce qui avait toujours été sa préoccupation : « L’Art étant, à la fois image et moyen de vie, c’est donc la vie elle-même [… ] ». Les autres projets, en grande partie des ébauches autobiographiques, ne verront pas le jour. On retient de cet ensemble d’écrits une unité de pensée, qui permet de mieux appréhender son action.

Pour le septième Cahier d’avril 2019, consacré à Blanche Selva compositrice, il a été fait appel, pour la rédaction, à Florence Launay, artiste lyrique et musicologue, dont l’ouvrage Les compositrices en France au XIXe siècle, paru aux éditions Fayard en 2006, fait autorité dans le domaine. Elle y fait d’ailleurs quelques allusions à Blanche Selva. Ici, l’étude est approfondie. Florence Launay précise dès l’abord que « […] la foi catholique de Blanche, alliée aux idéaux et aux préoccupations de Vincent d’Indy et des scholistes quant au rôle de l’artiste dans la société, imprègne la quasi-totalité de son court œuvre. » Si son goût pour l’improvisation et l’envie d’une expression personnelle précoce ne débouchent pas sur une formation en conservatoire, on retrouve cependant Blanche Selva parmi les élèves aux cours de composition à la Schola Cantorum, où l’on note aussi les noms d’Albert Roussel, Déodat de Séverac, René de Castéra et Pierre Coindreau. Elle est encore étudiante dans la spécialité lorsqu’elle livre une première mélodie en concert à Bruxelles dès 1905, bien accueillie par la critique. D’autres vont suivre, cette forme intimiste lui convenant. Florence Launay s’attarde sur ces créations et souligne la qualité des choix poétiques, qui font appel par exemple à Francis Jammes, mais aussi, plus tard, à des auteurs catalans. La compositrice écrit encore des pièces vocales destinées à des cérémonies religieuses. Blanche Selva produit aussi de la polyphonie vocale dans la tradition de la Schola Cantorum.
De façon étonnante, son talent créateur ne se consacre au piano que de façon réduite. A côté d’un premier essai introuvable, de morceaux manuscrits inaccessibles, conservés au Musée de la Musique de Barcelone, ou de fragments récents d’une pièce non datée, il existe des oeuvres à caractère pédagogique ou qui mettent en évidence « l’inspiration que puise déjà Blanche dans une interprétation mystique des phénomènes naturels, mais aussi dans la musique populaire. » Elle entreprend aussi un travail sur une pièce inachevée de Séverac, La Vasque aux colombes. Elle laisse encore deux témoignages pour l’orgue. La musique de chambre l’attire. Un Trio travaillé en 1906 et perdu, comme des Variations en trio de 1908, permettent de préciser qu’à partir de cette date et jusqu’en 1925, lorsqu’elle s’installe en Catalogne, la composition ne la retient pas. Il faut attendre 1929 pour découvrir ses magnifiques Chants de lumière pour violon et piano, une partition dédiée à son partenaire, Joan Massià. Il y aura encore une mélodie avec accompagnement de violon, et, en 1934, Quatre pièces pour violon et piano. Mais l’essor est trop tardif, malgré son attirance pour le genre. Reste la grande forme. Après son départ de Catalogne pour raison de guerre civile, Blanche Selva se lance dans un oratorio, sur des textes d’un poète catalan. Projet mené sans doute assez loin, comme elle le signale à Guy de Lioncourt dans une lettre qui date de fin 1938, mais perdu, comme d’autres hélas.
La mort n’a pas permis à la compositrice d’aller plus avant dans des réalisations, alors que le besoin semblait s’en faire sentir de plus en plus. Par ailleurs, son activité de pianiste et de pédagogue ne lui ont laissé que peu de temps libre. Manquant de confiance en elle, elle n’a pas bénéficié du soutien d’un entourage qui l’aurait incitée à développer son art créatif. Florence Launay met en évidence les doutes de Blanche Selva. Reste, pour apprécier son inspiration , un superbe CD Ligia, où l’on découvre les Chants de lumière.

Au-delà de ces sept passionnants Cahiers Blanche Selva déjà parus, il faut compléter la connaissance de l’artiste par la lecture d’une brochure de 2013, sous le même format, qui ne fait pas partie de la série, mais en est le complément. Il s’agit des Lettres de Blanche Selva à Guy de Lioncourt, qui couvrent la période de 1910 à 1913 ; elles sont présentées et annotées par Gilles Saint-Arroman. Guy de Lioncourt fit partie de la Schola Cantorum avant d’en être le secrétaire général et y fut entre autres choses professeur de contrepoint. Il rédigea le troisième livre du Cours de composition de Vincent d’Indy consacré à la musique dramatique en 1931. L’intérêt de ce cahier réside dans son inscription dans l’histoire de la pédagogie du clavier, car il nous éclaire sur l’ouvrage futur de Blanche Selva, consacré à L’Enseignement musical de la Technique du Piano, écrit de 1915 à 1923. La pianiste évoque notamment ses années de Conservatoire qui ne furent pas toujours heureuses, les récitals qu’elle donne (elle souffre du trac, qu’elle arrivera à dominer, comme elle le confie dans une lettre à Guy de Lioncourt du 4 novembre 1910) et ses conceptions de l’interprétation.

Une conclusion s’impose à l’issue de cette mise en évidence du vaste ensemble constitué par Les Cahiers Blanche Selva : il s’agit d’un réel enrichissement pour l’histoire de la musique. Nous ne pouvons dès lors émettre qu’un seul souhait, celui que d’autres précieux Cahiers viennent encore approfondir notre connaissance de cette artiste exceptionnelle.


Jean Lacroix

 
 
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